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L’élevage caprin bio

S’installer en élevage caprin est un projet que beaucoup de futurs agriculteurs envisagent. Avant de se lancer, il faut prendre en compte les spécificités de cet élevage ainsi que les spécificités du bio.

Une production agricole dynamique

En 2019, la France comptait 1 148 éleveurs de chèvres bio, un chiffre en hausse de 10% par rapport à 2018 ! 10% du cheptel français est conduit en bio avec 75 chèvres en moyenne par élevage.

Toujours sur la période 2018-2019, la consommation de fromage de chèvre a augmentée de 3,3% et celle de yaourt au lait de chèvre de 12% ! Poussée par une demande soutenue, c’est une filière en expansion.

Les régions historiques restent celles au sud de la Loire avec le Pays de la Loire, le Centre-Val de Loire, la Bourgogne, l’Occitanie, la Nouvelle Aquitaine ou encore la Corse.

Se former au métier d’éleveur caprin

Même si un diplôme agricole n’est pas obligatoire pour devenir éleveur de chèvres, nous vous conseillons vivement d’en passer un. Au delà des savoirs acquis, il vous sera plus facile de vous installer, notamment lors de votre demande d’autorisation d’exploiter ainsi que pour percevoir les aides à l’installation (voir la fiche « Les aides à l’installation et subventions« ).

En formation adulte notamment, le passage d’un BPA (Brevet Professionnel Agricole) vous permettra d’obtenir cette capacité agricole (plus d’informations sur la capacité agricolec ici). Néanmoins, il reste très généraliste. Des CS (certificat de spécialisation) axés sur l’élevage caprin existent mais en complément, ils ne permettent pas d’obtenir la capacité agricole. Retrouvez ici les établissements délivrant un CS conduite d’un élevage caprin.

Si vous souhaitez transformer votre lait, il est impératif de suivre une formation supplémentaire en transformation fromagère. Elle peut se faire dans le cadre d’une spécialisation de BPREA ou d’un CS supplémentaire. Retrouvez ici les CS disponibles. Des formations plus courtes sont envisageables, vous pouvez dans ce cas vous rapprocher de Pôle Emploi.

Quelle que soit votre formation la réalisation de stages est impérative avant de vous lancer.

Le cahier des charges bio

S’engager dans le bio est plus contraignant : que ce soit pour la surface de bâtiment, l’autonomie alimentaire ou les soins, le bio est présent sur chaque maillon de la chaîne.

Les conditions de logements sont de 1,5 m² minimum par tête et une aire d’exercice de 2,5 m² par tête. L’élevage hors sol est interdit. Votre bâtiment doit permettre un accès au pâturage toute l’année. Pour éviter les phénomènes de surpâturage, le cahier des charges bio limite le nombre de chèvre à 13,3/ha, suite comprise.

En ce qui concerne l’alimentation, celle-ci doit être bio et doit être au minimum produite à 60% sur la ferme. La ration doit être composée de 60% de fourrage minimum. Se pose donc la question de pouvoir implanter des cultures sur la ferme, notamment des céréales. Cela nécessite du matériel ou de faire appel à un prestataire de service pour les interventions techniques (semis, récolte…).

Le pâturage est une obligation de la réglementation bio. Par ailleurs, la bonne gestion du pâturage est primordiale en bio pour concevoir une bonne rentabilité du système ; l’herbe pâturée reste le fourrage le plus économique. Les concentrés sont coûteux à l’achat, c’est pourquoi il vaut mieux produire le plus de valeur alimentaire avec des fourrages. Il faut compter en moyenne 1 000 m2 par chèvre. Ne réduisez pas trop la surface pour chaque chèvre, vous éviterez ainsi les risques d’infestation parasitaire. Une trop petite surface se transformera vite l’été en une surface poussiéreuse et inversement en hiver en un bourbier.

Saisonnalité des chèvres

Pour les chèvres laitières, la saisonnalité des chèvres est LE paramètre à prendre en compte. Naturellement, les chèvres ne sont pas fécondes une partie de l’année. La mélatonine, hormone sécrétée par les chèvres durant la nuit, leur permet de mesurer la durée du jour. Lorsque les jours deviennent plus courts en automne, le cycle ovulaire se met en route et la chèvre peut être fécondée. Cette périodicité implique donc des mois sans production laitière. Il existe plusieurs manière de gérer les périodes de lactation :

  • Laisser le cycle naturel : cela implique de ne pas avoir de production une partie de l’année et donc une période sans activité

  • La lactation longue : il s’agit d’allonger la période de production de lait. Cela permet d’avoir moins de chevreaux (souvent destinés à l’abattoir) mais cela se traduit par une baisse de la production de lait au fil des mois. La lactation peut passer de 9 mois à plus de 15 mois.

  • “Tromper” les chèvres et leur cycle naturel : la production d’hormone permettant aux chèvres d’être fécondent est directement liée à la durée du jour. Un moyen d’avoir du lait toute l’année est d’avoir un troupeau d’été et un troupeau d’hiver. Le troupeau d’été suit le cycle naturel, avec des chevreaux qui naissent au printemps et une mise à la reproduction en automne. Le troupeau d’hiver qui est désaisonné, est éclairé de 6h à 22h l’hiver pour simuler l’été. Ainsi, les chevreaux naissent en automne et la mise à la reproduction a lieu au printemps. Cela permet d’assurer une production laitière toute l’année.

:warning: La capacité professionnelle agricole est nécessaire pour obtenir des aides et des subventions nationales (DJA). Néanmoins, elle ne l’est pas toujours pour les aides régionales et les aides à l’investissement.

Elaborer son système de production

Les chèvres ont un gros rendement laitier par rapport à leur poids corporel et à leur consommation de fourrages, les besoins en surfaces et en capitaux sont inférieurs à ceux nécessaires pour les vaches laitières. Il est en outre très facile de transformer les stabulations bovines existantes. Vu que les chèvres mettent bas une fois par année et que les naissances gémellaires sont fréquentes, il est possible de se constituer son propre troupeau en quelques années seulement.

La main d’œuvre nécessaire est d’environ 22 heures par chèvre et par année (sans tenir compte du travail pour la production des fourrages).

Avant de s’installer en élevage de chèvre, il faut choisir si l’on veut mettre en place en système livreur (la marge dégagée dépendra surtout du volume) ou un système transformateur (moins de volumes sont nécessaires).

Le système livreur

Le système livreur vise à écouler sa production de lait via une laiterie qui s’occupe de la distribution / transformation. Passer par la filière longue vous permet de vous concentrer sur la production. Néanmoins, vous êtes soumis aux aléas du marché, votre prix de vente peut varier.

La première chose à faire avant de se lancer est de s’assurer qu’une laiterie est présente dans le secteur et est capable d’organiser une collecte pour vous. Voir paragraphe “Quels interlocuteurs ?”

Les élevages tournés vers la livraison de lait comptent en moyenne 220 chèvres (bio et conventionnels)

Le système tranformateur

Le système transformateur vise à transformer le lait de chèvre en produits dérivés : fromages, yaourts, etc. La transformation du lait est une pratique très répandue chez les éleveurs caprins. Cette pratique nécessite évidemment un laboratoire de transformation et des compétences spécifiques. Si vous vous occupez aussi de la vente, vous aurez plus de visibilité sur la demande du consommateur, sur vos prix et donc sur votre rentabilité.

Les élevages tournés vers la transformation comptent en moyenne 100 chèvres (bio et conventionnels).

En système transformateur, on peut espérer une valorisation de 2€/L.

Comparons rapidement ces deux modèles :

Transformation

Collecte

Les +

Valeur ajoutée/Litre de lait

Prix fixe via contrat

Les –

Charge de travail importante, encore plus en cas de vente directe

Investissement dans un atelier de transformation

Pas de relation avec le client final

Nécessite d’être dans une zone de collecte

Partage de la valeur ajoutée avec la laiterie

Trouver une ferme pour son élevage de chèvres bio

De plus en plus d’agriculteurs ont envie de se lancer dans l’élevage de chèvres. Cependant, le rachat d’une ferme caprine en reprise à l’identique peut s’avérer complexe car il y a peu d’exploitations à reprendre, et plus de demande que d’offres. Par ailleurs, historiquement, l’élevage caprin s’est peu développé dans le Grand Ouest en France.

Dès lors, un des moyens les plus simples et moins couteux pour s’installer en élevage de chèvre est de réhabiliter des bâtiments agricoles qui servaient à d’autres activités (ancienne stabulation pour vaches en aire paillée, hangars à fermer, bâtiment volailles, etc.). C’est une modalité que nous traitons souvent au sein d’eloi, en redimensionnant des fermes en bovin pour les adapter à du petit élevage, avec un poids de bâtiments et un foncier adapté à chaque projet.

Découvrez ici nos propositions d’ateliers d’élevages petits ruminants.

Qui sont mes interlocuteurs ?

L’interprofession agricole est présente pour vous accompagner à chaque étape de votre projet !

Vous pouvez notamment :

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Eloi, c’est trois services qui facilitent votre installation :

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