Le parcours à l’installation, pour s’installer sereinement en agriculture

S’installer en agriculture est un processus long qui prend entre 2 et 3 ans. Pour le candidat à l’installation c’est une implication quasiment à plein temps : définition du projet, recherche de foncier, création d’entreprise, formation… Des sujets parfois compliqués et obscurs mais qui sont cruciaux car les décisions prises auront un impact, pour au moins une dizaine d’années, tant sur la vie professionnelle que personnelle du candidat. En ce sens, suivre le parcours à l’installation est un vrai avantage pour un candidat à l’installation puisqu’il offre un véritable accompagnement technique, juridique ou encore financier.

:warning: Lorsque le terme “foncier” est utilisé, ce dernier désigne uniquement les terres de l’exploitation agricole.

Le parcours à l’installation en bref

Qu’un projet d’installation soit très avancé ou qu’il en soit encore à ses prémices, le parcours à l’installation permet de le concrétiser au mieux. Il permet d’approfondir, grâce à un Plan de Professionnalisation Personnalisé (appelé Parcours 3P), les compétences agricoles et les qualités de chef d’entreprise du candidat. Compétences qui lui seront indispensables pour la mise en œuvre et la pérennité de son projet.

Il s’adresse à tous ! Quel que soit l’âge et le souhait de bénéficier ou non de subventions ou aides à l’installation, un porteur de projet peut faire un parcours à l’installation !

En moyenne, il dure un an entre le premier contact avec la chambre d’agriculture et l’installation du candidat. Cependant, chaque projet étant unique, certaines étapes peuvent être plus longues.
Un parcours d’une année peut paraître assez long et engageant mais chez eloi, nous sommes convaincus que ce parcours est nécessaire et utile à la solidification d’un projet agricole. D’ailleurs, pour s’installer avec eloi, il sera indispensable que d’avoir entamé un parcours 3P , en revanche il n’est pas nécessaire que celui-ci soit finalisé. En effet, eloi s’engage à offrir un accès au foncier sans avoir finalisé son parcours à l’installation grâce à une solution de portage, ce qui finalement, accélérera l’installation des candidats !

S’installer en 7 étapes

Les 7 étapes du parcours à l'installation

1. Contacter le Point Accueil Installation (PAI)

Se rapprocher de son Point Accueil Installation (parfois nommé Point Info Installation) est la première étape pour mettre en œuvre son parcours à l’installation. Il existe un point d’accueil unique par département : tous ces points d’accueil sont disponibles en cliquant ici. Pour ne pas freiner son installation, il est conseillé de contacter son PAI entre 12 et 18 mois avant la date d’installation envisagée.

Ce premier rendez-vous a plusieurs objectifs : informer sur les démarches à suivre pour procéder à son installation, proposer différentes ressources en accord avec les besoins du candidat et le guider dans la réflexion de son pré projet pour le diriger ensuite vers le centre d’élaboration du parcours 3P.

Pour cela, il lui est notamment demandé de réaliser un autodiagnostic qui est un premier dossier de présentation du projet agricole. Ce diagnostic regroupe des informations variées sur le projet : le département d’installation souhaité/trouvé, des détails sur les ateliers de production envisagé, le niveau d’avancement des démarches auprès des banques, des juristes ou encore sur les motivations.

2. L’entretien projet et compétences

A la suite de cet autodiagnostic, le candidat à l’installation est amené à effectuer un entretien projet et compétences avec deux conseillers. Ici, son projet est étudié en profondeur : les deux conseillers sont présents pour analyser les points forts mais surtout déterminer les points faibles du projet sur lesquels une montée en compétence sera nécessaire. Un des conseillers est spécialisé dans l’analyse même du projet. Le deuxième conseiller apporte quant à lui son expertise pour identifier les compétences de chef d’entreprise que le porteur de projet a déjà acquises ou qu’il faut encore développer.

Grâce à cette étude, les conseillers et le candidat lui-même construisent un Plan de Professionnalisation Personnalisé (parcours 3P). Il est constitué de formations et de stages nécessaires à réaliser avant l’installation.

3. Obtention de l’agrément par le préfet du 3P

Avant la réalisation concrète de son parcours 3P, la synthèse d’entretien est envoyée à la Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM) qui la valide. Cette validation permettra au candidat de prétendre plus tard à l’obtention des aides de l’état.

4. Réalisation du 3P

Une fois l’agrément du préfet obtenu, le candidat peut commencer à réaliser le programme contenu dans son parcours 3P. Ce dernier est composé de deux parties :

Une partie obligatoire, il s’agit de formations et de stages qui doivent être réalisés en amont de l’installation pour prétendre à des aides à l’installation. Elle comprend au minimum un stage collectif de 21h. Celui-ci permet de familiariser le porteur de projet avec :

  • Les pratiques agricoles de sa région ;

  • Les différents interlocuteurs spécifiques à sa région et département qu’il sera amené à rencontrer ;

  • Les autres porteurs de projet de sa zone géographique.

Une partie complémentaire/facultative :  Celle-ci peut contenir des stages ou formations préconisées en amont ou post-installation. Par exemple, en Bretagne, la chambre d’agriculture propose un stage « GP » : ce stage permet de faire mûrir et consolider un projet notamment du point de vue économique. En effet, sur les 5 jours de stage (en 3 mois), une des journées est consacrée à la rencontre avec les banques. Les porteurs de projet qui choisissent de suivre cette formation, élaborent ainsi un chiffrage prévisionnel de leur projet.

Pour chacune de ces deux parties, il est important de se renseigner auprès de son point d’accueil car des stages différents peuvent être proposés en fonction de la région et du département d’installation. La mise en œuvre du parcours 3P dure en pratique entre 4 et 6 mois mais peut durer jusqu’à 36 mois. Cette durée de 3 ans correspond au cas où le porteur de projet ne trouve pas de foncier : pour passer aux demandes d’aides de l’état et à l’installation, il est nécessaire d’avoir trouvé son lieu d’installation.

Une fois son parcours 3P effectué, le candidat obtient une validation officielle de celui-ci par le préfet et peut entamer ses démarches de demande d’aides à l’installation. Il a alors 24 mois après l’obtention de sa validation pour s’installer, au-delà desquels la validation du préfet ne sera plus effective.

5. Demande des aides de l’état 

Dès lors que toutes les actions proposées par le parcours 3P ont été mises en œuvre, le candidat doit élaborer son Plan d’Entreprise (PE). Ce dernier est nécessaire pour évaluer la viabilité tant économique, humaine que sociale de son projet. Il permet notamment d’étudier sa cohérence globale.

Pour réaliser son PE, le candidat peut être accompagné par la chambre d’agriculture, il sera ainsi certain de la qualité de son document.

Ensuite, son dossier passe en Commission Départementale d’Orientation Agricole. Ce passage en CDOA vient valider ou non l’attribution de la Dotation Jeune Agriculteur (DJA) et décide de son montant. Cette validation est basée sur l’étude du dossier du candidat : son projet, ses structures mais également sur son plan d’entreprise.  Un des objectifs que doit se fixer le porteur de projet est d’atteindre un salaire équivalent au SMIC sous cinq ans.

6. Installation

Dès lors que le parcours 3P est validé, que le Plan d’Entreprise est établi et que le dossier de demande d’aides est finalisé, le candidat peut s’installer.

Attention, après la décision d’octroi des aides, il ne lui reste que 9 mois maximum pour s’installer.

7. Suivi post-installation

Après son installation, des bilans avec la chambre d’agriculture auront lieu durant les 5 premières années. Ceux-ci ont vocation à suivre la cohérence entre le projet décrit dans le plan d’entreprise et sa réalisation.

Le premier bilan a lieu en deuxième année : il s’assure du respect du plan d’entreprise et permet d’identifier les problèmes existants. Le contrôle de fin de plan d’entreprise est réalisé à la fin de la quatrième année et entraîne le dernier versement des aides à l’installation.

Dans certaines régions, des dispositifs additionnels ont été mis en place pour favoriser l’installation des jeunes agriculteurs, durant leurs premières années mais également après :

  • L’Adear d’Indre-et-Loire propose des journées d’échanges après cinq à dix ans d’installation: formation “passer le cap des premières années d’installation”

  • En Mayenne, la chambre d’agriculture propose aux JA un “suivi installation”. C’est presque la moitié des jeunes installés qui décident de poursuivre ce programme. Ils profitent alors d’un premier diagnostic fait par un conseiller à la fin de la première année qui s’assure du suivi du plan d’entreprise et identifie les problèmes. Deux journées collectives, gratuites, sont également organisées avec d’autres porteurs de projet pour échanger autour de leurs expériences et difficultés. Un dispositif très apprécié dans ce département qui a vocation à se déployer dans les années à venir.

Pourquoi passer par ce parcours ?

Car 95% des porteurs de projet qui choisissent ce parcours sont encore agriculteurs 5 ans après. Cela permet aux porteurs de projet de consolider leur projet d’un point de vue technique et financier mais également d’engager sereinement leur installation.

Car le parcours à l’installation est un véritable accompagnement qui permet notamment de faciliter certains choix des agriculteurs : statut juridique de l’exploitation ou encore statuts sociaux des exploitants. 

Car il est nécessaire pour prétendre à l’obtention de la Dotation Jeune Agriculteur, une aide non négligeable lorsque l’on lance véritablement son projet.

Car chez eloi, nous considérons le parcours à l’installation comme une réelle chance de solidifier un projet. Ainsi, si un candidat à l’installation souhaite s’installer avec eloi, il devra choisir de suivre ce parcours. 

Peut-on faire sans ?

Bien sûr, mais ce sera plus compliqué. Passer par le parcours à l’installation facilite grandement l’accès au foncier puisque les candidats ont une meilleure connaissance de l’écosystème régional dans ils souhaitent s’implanter. Par ailleurs, sans parcours à l’installation, il est impossible de bénéficier des aides agricoles de l’état. Néanmoins, il est toujours possible de faire d’autres demandes de subventions notamment auprès des collectivités territoriales ou de passer par un financement participatif.

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